

ARBRE OU CHAMPIGNON ?
avec une lettre inédite d’Erwin Panofsky La chapelle de Plaincourault (près de Mérigny, dans l’Indre) date de la fin du XIIe siècle, et possède des fresques, encore aujourd’hui dans un assez bon état de conservation, qui n’auraient pas grand-chose pour drainer le touriste ou même le curieux, si l’une d’entre elles n’avait pas laissé perplexes les commentateurs : Adam et Eve, dans l’attitude de la découverte récente de leur nudité honteuse, se tenant de part et d’autre d’un vé


UNE FLEUR SOMBRE EN AMÉRIQUE
Pierre Pigot Elle fit son apparition dans les lettres américaines avec ce qui semblait pourtant le plus étranger à sa manière d’être, de penser, et surtout de sentir : un coup d’éclat. Elle avait envoyé un long poème, intitulé Renascence à un concours organisé par The Lyric Year ; l’année, justement, était 1912 – les Etats-Unis ne s’étaient pas encore décidés à devenir un empire dont le regard s’étende au-delà des glaces nordiques et des Caraïbes révolutionnaires, et leur


LOUIS-FERDINAND SUZIE
LES FILMS LISENT DES LIVRES : « MORT À CREDIT » DANS SEXCRIMES Arthur-Louis Cingualte A chaque fois que l’on regarde le film c’est la même chose. Coups de théâtre en cascade, saphisme et threesome brûlants, morts soudaines et violentes, apparition inattendue de Bill Murray, etc…, échaudé par les nombreuses surprises que réserve Sexcrimes , on oublie toujours de relever la plus déconcertante : la présence de Louis-Ferdinand Céline. La question s’impose : que vient faire l


UN POÈME : « LE TEMPS N’APPORTE AUCUN RÉCONFORT » / Edna St Vincent Millay
Il y a une quinzaine d’années, c’est par un pur hasard que j’ai lu pour la première fois les poèmes de jeunesse d’Edna St Vincent Millay (1892-1950) : dans un catalogue de livres en anglais libres de droits d’auteur et donc proposés presque à vil prix, ce nom long et lumineux comme une guirlande baroque avait attisé ma curiosité. Sur la couverture, la photographie floue d’une jeune femme au regard sombre et concentré, capturée parmi les rameaux en fleurs d’un printemps de Nou


SHELF LIFE
William H. Gass William H. Gass (1924–2017) fut l’une des figures majeures de cette littérature américaine du vingtième siècle, moderniste, référentielle, ludique et exigeante, que l’on a l’habitude de rassembler sous l’étiquette à la fois simpliste et lugubre de postmodernisme , aux côtés d’auteurs comme Donald Barthelme, John Barth ou William Gaddis (Thomas Pynchon, le seul encore vivant à ce jour, étant d’une génération différente). L’œuvre importante de Gass, faite de rom


MACHINA EX DEO
Aurélien Lemant Le monde est une machine – et ce n’est pas une métaphore. Du moins pas si l’on se rapporte à certaines Weltanschauung , en particulier un traité de cosmogonie tel que le Sefer Yetsirah , soit le Livre de la Création des Hébreux. Rédigé tardivement, entre le IIIe et le VIe siècle, cet exposé sur la genèse du monde suggère que celui-ci est un programme alphanumérique, le cosmos ayant tout entier et jusqu’à la moindre substance été façonné à partir de combinais














































